Bonsoir Julien,
Pour complèter la réponse de Mireille
J'ai posé la question....car je me la pose et ne sais pas trop s'il est bon de manipuler fortement le pâton après le pointage...ou pas....
Et les réponses sont diverses a priori.....ça dépend de la recette, de la façon de faire, de l'état du pâton, de ce qu'on envisage de faire, etc.
J'ai cité l'exemple des baguettes, mais le problème est le même avec le boulage (même si moins de prb : on peut être plus doux et la manipulation est somme toute plus simple)
Il ressort de ce questionnement que l'on peut "façonner sans manipuler" (Lolounette) et que le repos après façonnage est très important (Mireille).
Pour le façonnage des baguettes, de multiples vidéo sont disponibles sur le net décrivant à peu près l'enroulage sur lui-même du pâton (il s'agit alors d'incorporer un maximum d'air pour permettre une seconde fermentation et l'ouverture des grignes à l'enfournement).
Pour ce qui est de l'apprêt sur un linge, il suffit de faire sur une serviette (en lin) en prenant soin de séparer les baguettes par un pliage du lin relevé. Si l'apprêt a été effectué clé à clair (c'est à dire que le haut de la future baguette est en dessous, il suffit de faire basculer la partie de linge avec le pâton sur une plaque fariné (ou fariner la clé du pâton avant la bascule) et d'enfourner, puis idem pour le ou les autres pâtons.
Concernant l'apprêt 2-3 heures sont déjà de longues durée (à T° ambiante). Perso, je dépasse rarement 1h30 à 2 h car j'ai des temps de pointage très long (en pousse contrôlée...enfin contrôlée n'est pas le bon terme

, plutôt au froid/frais). Si le temps de pointage a été long, il convient de réduire l'apprêt (pointage long = apprêt court et réciproquement pointage court = apprêt long). Si le pâton s'affaisse, c'est que le temps est dépassé.
Pardon ? Comment ? j'entends Mireille qui...?
Oui Mireille ! Le test du doigt ! Le test du doigt vous dis-je !
Et elle n'a pas tord de le rappeler : on enfonce (délicatement) le doigt (soit mouillé, soit fariné pour ne pas remonter tout le pâton avec le doigt qu'on enlève

) dans la pâte et on observe la réaction du creux ainsi formé :
1/ élastique, la pâte remonte illico...c'est trop tôt, il faut encore attendre avant d'enfourner ;
2/ le creux se forme, reste un moment, puis remonte tout doucement.....c'est le bon moment, faut y aller ;
3/ le creux se forme et reste sans remonter....aller à la page de la recette de Thierry sur les Macatias réunionnais et recycler la pâte, c'est fichu

!
Pour la scarification, j'avais tendance (j'ai encore trop tendance) à effectuer des incisions droites avec une lame de rasoir type Gilette : il faut en réalité inciser à 30° environ par rapport au pâton pour avoir une ouverture progressive de la grigne.
Je te confirme qu'une lame de rasoir est plus efficace (et surtout permet une découpe plus nette) qu'un couteau (même bien aiguisé). Par ailleurs, mouiller la lame (comme le rappelle Mireille) est indispensable pour éviter que celle-ci n'accroche au pâton et fasse une déchirure à la place d'une incision.